Sur un chantier, la question du CACES arrive rarement au bon moment : à l'embauche d'un conducteur, à la veille d'un contrôle, ou après un accident. Et elle se pose souvent à partir d'un certificat ancien, un R372 obtenu il y a des années, dont personne ne sait plus très bien s'il vaut encore quelque chose. Le cadre a pourtant changé en profondeur au 1er janvier 2020, et les obligations de l'employeur ne se limitent pas à vérifier une carte.
Cette page sert de point d'entrée à l'ensemble du sujet. Elle explique ce que le CACES atteste et ce qu'il n'atteste pas, quelles sont les recommandations en vigueur, combien de temps un certificat reste valable, et ce que deviennent les anciens. Chaque famille d'équipements renvoie vers un guide détaillé.
Points clés
- Depuis le 1er janvier 2020, le CACES repose sur huit recommandations, de la R.482 à la R.490, qui remplacent les anciennes R372m, R.383, R.386, R.389 et R.390.
- Un certificat est valable 5 ans, sauf pour les engins de chantier, où la R.482 porte la validité à 10 ans.
- Un ancien CACES reste valable jusqu'à sa date d'expiration, mais il n'existe pas d'équivalence automatique vers les nouvelles catégories.
- Le CACES ne suffit jamais seul : c'est l'employeur qui délivre l'autorisation de conduite.
Ce que le CACES atteste, et ce qu'il n'atteste pas
Le certificat d'aptitude à la conduite en sécurité valide qu'un salarié maîtrise la conduite d'une famille d'équipements, en théorie comme en pratique. Il est délivré par un organisme testeur certifié, à l'issue d'une épreuve théorique et d'une épreuve pratique. Il appartient au salarié et le suit d'un employeur à l'autre.
Ce n'est ni un permis, ni ce qui autorise à conduire sur votre chantier. Le Code du travail, aux articles R.4323-55 et R.4323-56, impose à l'employeur de délivrer une autorisation de conduite pour les équipements concernés. L'arrêté du 2 décembre 1998 en fixe les trois conditions : un avis d'aptitude médicale, un contrôle des connaissances et du savoir-faire pour la conduite en sécurité, et la connaissance des lieux et des instructions à respecter sur le site. Le CACES est le moyen le plus reconnu de satisfaire la deuxième condition. Il ne remplace pas les deux autres.
Un salarié titulaire d'un CACES valide mais sans autorisation de conduite n'est donc pas en règle, et l'entreprise non plus. Dans les structures qui en ont un, le suivi de ces habilitations fait partie des missions du responsable QHSE ; ailleurs, il revient au dirigeant ou au conducteur de travaux.
Les huit recommandations en vigueur depuis 2020
Les recommandations sont établies par la Caisse nationale de l'Assurance Maladie. Elles définissent, pour chaque famille d'équipements, le contenu des épreuves et le découpage en catégories.
| Recommandation | Équipements concernés |
|---|---|
| R.482 | Engins de chantier |
| R.483 | Grues mobiles |
| R.484 | Ponts roulants et portiques |
| R.485 | Chariots gerbeurs à conducteur accompagnant |
| R.486 | Plates-formes élévatrices mobiles de personnel |
| R.487 | Grues à tour |
| R.489 | Chariots de manutention à conducteur porté |
| R.490 | Grues de chargement |
Chaque recommandation se décline en catégories, pour un total de 33 certificats différents. Dans le bâtiment et les travaux publics, deux recommandations concentrent l'essentiel des besoins : la R.482 pour les engins de chantier, et la R.489 pour les chariots élévateurs, dont nous détaillons les neuf catégories dans notre guide du CACES R489.
Quel CACES pour quel poste sur un chantier
Le découpage suit la famille d'équipements, pas le métier. Un même salarié peut donc avoir besoin de plusieurs certificats, et en obtenir un ne dispense d'aucun autre.
Le conducteur d'engin, qu'il soit sur une pelle, une chargeuse, un compacteur, un finisseur ou un tombereau, relève de la R.482. Le cariste qui manœuvre un chariot élévateur relève de la R.489. Le grutier relève de la R.487 sur grue à tour et de la R.483 sur grue mobile. Le compagnon qui travaille en hauteur depuis une nacelle relève de la R.486. Le chauffeur d'un porteur équipé d'une grue de chargement relève de la R.490.
Le bon réflexe, au moment de former, est de partir des équipements réellement utilisés sur vos chantiers plutôt que du catalogue de l'organisme.
Votre CACES R372 ou R372m est-il encore valable ?
C'est la question la plus fréquente, parce que le R372m a longtemps été le certificat de référence des engins de chantier. La réponse tient en trois points.
Oui, un CACES R372m, que l'on écrit aussi R.372m, obtenu avant le 31 décembre 2019 reste valable jusqu'à la date d'expiration inscrite sur le certificat. La réforme ne l'a pas annulé.
Non, vous ne pouvez plus en obtenir un nouveau. Depuis le 1er janvier 2020, plus aucun certificat de l'ancienne génération n'est délivré. Un renouvellement passe par les épreuves de la recommandation actuelle, la R.482 pour les engins de chantier.
Et non, il n'existe pas d'équivalence automatique entre une catégorie de l'ancien référentiel et une catégorie du nouveau. Les tableaux de correspondance que l'on trouve en ligne donnent une idée du périmètre couvert, mais ils ne dispensent pas des épreuves : le salarié repasse le test dans la catégorie visée.
En pratique, si vous avez encore des CACES R372m dans vos équipes, ils arrivent tous à échéance. Le comité technique national recommandait de les avoir renouvelés avant le 1er janvier 2025.
Combien de temps un CACES reste-t-il valable
Cinq ans pour la plupart des recommandations. Dix ans pour les engins de chantier, la R.482. Passé ce délai, le salarié repasse l'épreuve théorique et l'épreuve pratique.
Il n'y a ni prolongation, ni délai de tolérance. Un certificat expiré ne vaut plus rien, et l'autorisation de conduite qui s'appuyait dessus tombe avec lui. Le renouvellement s'anticipe donc plusieurs mois avant l'échéance, le temps de trouver une session et d'absorber les jours d'absence.
Comment le certificat s'obtient
Le candidat passe deux épreuves auprès d'un organisme testeur certifié : une épreuve théorique sur la réglementation, la technologie de l'équipement et les règles de sécurité, puis une épreuve pratique de conduite et de manœuvre. Les deux doivent être réussies.
La formation qui précède n'est pas encadrée dans sa durée. Elle dépend de la recommandation, de la catégorie et de l'expérience réelle du candidat : un conducteur aguerri qui vient valider un acquis ne suit pas le même parcours qu'un débutant.
Le point de vigilance est le choix de l'organisme. Seul un organisme testeur certifié peut délivrer un CACES. Une formation interne, même sérieuse et bien documentée, ne débouche pas sur un certificat. Elle peut contribuer à justifier la formation exigée par le Code du travail, mais elle ne remplace pas le CACES que vos donneurs d'ordre attendent.
Ce que l'employeur doit pouvoir présenter
En cas de contrôle ou d'accident, trois pièces sont demandées pour chaque conducteur : le certificat en cours de validité, l'avis d'aptitude médicale, et l'autorisation de conduite signée. La troisième est la plus souvent manquante, parce qu'elle ne vient de personne d'autre que vous.
Ces pièces ne vivent pas seules. Le risque lié à la conduite d'engins figure dans le document unique d'évaluation des risques, et les moyens de prévention correspondants sont repris, sur les opérations qui l'exigent, dans le PPSPS de l'entreprise. L'OPPBTP, l'organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics, accompagne les entreprises sur l'ensemble de cette démarche.
Sur une entreprise de trente salariés avec plusieurs catégories chacun, cela représente une centaine d'échéances à suivre, réparties entre des certificats à 5 ans et d'autres à 10 ans, auxquelles s'ajoutent les visites médicales. C'est ce suivi, plus que le passage des tests, qui fait défaut le jour où l'on en a besoin.
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Questions fréquentes
Le CACES est-il obligatoire ?
Non, pas en tant que tel. Ce qui est obligatoire, c'est la formation à la conduite en sécurité et l'autorisation de conduite délivrée par l'employeur. Le CACES est le moyen le plus reconnu de démontrer que la formation a bien eu lieu, et la plupart des donneurs d'ordre l'exigent.
Quelle différence entre le CACES R482 et le CACES R489 ?
Le R482 couvre les engins de chantier, le R489 les chariots de manutention à conducteur porté. Un conducteur de pelle et un cariste ne relèvent pas du même certificat, et les validités diffèrent : 10 ans pour le R482, 5 ans pour le R489.
Que devient un CACES R389 ?
Comme les autres certificats de l'ancienne génération, il reste valable jusqu'à son expiration, puis il est remplacé par un R489.
Un CACES obtenu chez un autre employeur reste-t-il valable ?
Oui, le certificat appartient au salarié et le suit. L'autorisation de conduite, elle, est propre à chaque employeur : vous devez en délivrer une nouvelle.
Qui peut délivrer un CACES ?
Uniquement un organisme testeur certifié. Une formation interne, même sérieuse, ne débouche pas sur un CACES.
Peut-on conduire pendant le délai de renouvellement ?
Non. Si le certificat est expiré et que l'autorisation de conduite reposait dessus, le salarié ne conduit pas tant que la nouvelle épreuve n'est pas passée.
En résumé
Le CACES n'est pas une formalité que l'on coche à l'embauche : c'est une pièce d'un ensemble à trois volets, avec l'avis médical et l'autorisation de conduite que vous délivrez vous-même. Huit recommandations couvrent aujourd'hui l'ensemble des équipements, avec une validité de 5 ans, portée à 10 ans pour les engins de chantier. Les anciens certificats R372m courent jusqu'à leur terme, sans passerelle automatique vers les nouvelles catégories. Tenir ces échéances à jour, c'est protéger vos salariés et l'entreprise le jour où quelqu'un demande à voir les papiers.